04 mai 2006

La mort de Bobby Sands

« Est-ce que les Anglais vont écouter ce que vous enregistrez ? » s’inquiète une interlocutrice. « Ici, je dois confesser que nous n’aimons pas vraiment les Anglais. S’ils venaient dans votre pays vous ne les aimeriez pas non plus. » Nous sommes en Irlande, dans les années 80. A Belfast, dans la prison de Long Kesh, avec ses miradors, ses fils de fer barbelés et son bloc H. C’est là, sous une cage recouverte d’un drap que Bobby Sands, 27 ans, est mort le 7 mai 1981 après 66 jours de grève de la faim. Il ne réclamait pas grand chose : le droit à un colis, une visite par semaine, une remise normale des peines... Le simple rétablissement du statut de prisonnier politique (aboli en 1976). Mais la dame de fer ne broncha pas. « Il était mince, il portrait des cheveux longs flottants », décrit Jim Gibney, journaliste irlandais, « c’était une personnalité bouillonnante, un paquet de nerfs ». Arrêté une première fois en 1972 et condamné à cinq ans de prison pour avoir caché quatre pistolets à son domicile, six mois après sa libération il est de nouveau condamné à quatorze ans de prison. C’est le portrait de toute une époque — violente, meurtrière — qui transpire ici.

La douleur d’une guerre. 1.00 - Le vif du sujet : La mort de Bobby Sands - France Culture

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