29 janvier 2007

Dimanche sanglant, plaie d’Irlande

Arte - Lundi 29 janvier 2007

23:10 | GRAND FORMAT

Dimanche sanglant, plaie d’Irlande

Le 30 janvier 1972, à Derry (Irlande du Nord), l’armée britannique abat treize manifestants. Entremêlant les destins de deux des victimes et d’un ancien soldat, Margo Harkin relate cinq années d’une enquête judiciaire rouverte vingt-huit ans après.

Le 30 janvier 1972, à Derry – Londonderry pour les Unionistes d’Irlande du Nord –, l’armée britannique ouvre le feu lors d’une manifestation pacifique pour la défense des droits civiques. Treize hommes sont tués sur le coup et treize autres personnes sont blessées, dont l’une succombera quelque temps plus tard.

Cette journée tragique, entrée dans l’histoire sous le nom de bloody sunday (“dimanche sanglant”), donne lieu peu après à une enquête hâtive qui affirme que les victimes, pourtant sans armes, étaient des “terroristes”, et conclut à l’innocence des paras britanniques.

Pendant vingt-cinq années de guerre, l’événement devient pour les catholiques l’un des plus éclatants symboles de l’injustice qu’ils subissent en Irlande du Nord. En janvier 1998, Tony Blair annonce la réouverture de l’enquête – un fait exceptionnel

dans l’histoire des tribunaux britanniques.

Les premières audiences publiques ont lieu en mars 2000, en parallèle à Derry et à Londres.

Un procès sans précédent

C’est ce long processus judiciaire, inachevé à ce jour, que relate la réalisatrice irlandaise Margo Harkin, toute jeune fille en 1972 et elle-même témoin lors de l’enquête. Elle entremêle trois destins scellés lors de ce dimanche sanglant : ceux de deux des hommes tués ce jour-là, James Nash et Eamonn McCann, ressuscités à travers leurs proches ; celui de l’ex-soldat britannique répondant au matricule 027, basé sur une reconstruction des faits. En accompagnant les familles, amenées à témoigner dans des circonstances souvent douloureuses, mais acharnées à obtenir la réhabilitation de leurs proches tués et diffamés, la réalisatrice restitue à la fois l’ampleur de la tragédie et celle d’un procès sans précédent (435 jours d’audience, 922 témoins convoqués, 1 563 dépositions de témoins n’ayant pas comparu, 160 bandes magnétiques, 110 enregistrements vidéo, 14 000 pages d’argumentaires…).

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>> Sinn Féin vote la fin formelle de la guerre civile (liberation.fr 29/01/2007)

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